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CFDT 63
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Tel 04 73 31 90 80
Fax 04 73 31 90 84
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La
retraite
L'analyse
CFDT du projet de loi
Quatre
orientation pour " rééquilibrer le système "
Comparatif
des régimes de retraite
RETRAITE
- FOIRE AUX QUESTIONS
L'analyse
CFDT du projet de loi
Un
compromis acceptable, une pression maintenue
Une
négociation " à l'arraché " pour aboutir à des engagements que le Bureau
National de la CFDT du 15 mai a jugé acceptables. Ne pas aboutir aurait
laissé la porte ouverte à toutes les dérives lors de l'examen de ce projet
de loi par le Parlement. C'est pourquoi la CFDT a dû agir vite, dans le
respect de son fonctionnement démocratique.
La partie
a été rude. 10 heures de discussion dans la nuit du 14 au 15 mai entre
le Ministre et les syndicats, n'avaient pas réussi à aboutir sur des propositions
que la CFDT aurait pu juger recevable. Le texte présenté à 4 heures du
matin était inachevé dans sa formulation, aucun calendrier précis n'y
figurait. Il valait mieux interrompre les discussions à ce moment -là
où tout le monde avait besoin de faire le point. Il aura fallu un forcing
durant toute la journée du 15 pour qu'un ultime round de négociation,
en fin de journée, puisse déboucher enfin sur un compromis acceptable.

LA
RÉPARTITION CONFIRMÉE
Premièrement, le texte confirme un acquis essentiel : la répartition,
fondement de nos retraites. Cela n'allait pas de soi avec une majorité
parlementaire où les tenants du libéralisme se font les chantres de la
capitalisation. Il ne faut pas l'oublier : ce socle de la solidarité entre
les salariés, entre les actifs et les retraités, entre les générations,
était réellement menacé il y a encore quelque mois. En France, les retraites
reposent dorénavant sur le principe de la répartition. Fini les fonds
de pension même à la française. Cette menace ne venait pas des partisans
des fonds de pension. Les opposants à toute réforme, les militants de
l'immobilisme sont leurs plus sûrs alliés pour mettre en danger la répartition.
Ce n'est même pas une question d'expertise économique, c'est un simple
problème d'arithmétique : moins de cotisants et plus de pensionnés entraînent
un déficit de financement qui ne peut que pénaliser les salariés les moins
biens lotis, qui n'ont pas les moyens de s'assurer personnellement une
pension convenable.
UNE
PREMIÈRE ÉTAPE
C'est pourquoi la CFDT mène
l'action depuis plusieurs années pour qu'une réforme garantisse la pérennité
de notre système de retraite. Si celle que propose le gouvernement ne
satisfait pas toutes nos revendications, elle répond, à cette étape, à
nos exigences les plus fortes. Nous avons pesé jusqu'au bout pour les
faire avancer, cette réforme porte la marque de la CFDT. Et cette réforme
ne serait pas ce qu'elle est sans la détermination que nous avons montrée
à tous les niveaux, que ce soit dans la rue les 1er février et 13 mai,
avec la pression constante exercée sur les responsables politiques préparés
pour nos négociateurs par toute l'organisation.

DES
GARANTIES POUR LES BASSES PENSIONS
Nous avons notamment obtenu une amélioration substantielle des basses
pensions, qui concernent, rappelons-le, un salarié sur quatre. Dés 2004,
le minimum contributif sera relevé de 30 %, de même en 2006 et 2008. A
cette date, aucune retraite nette d'un salarié ayant connu une carrière
complète ne pourra être inférieure à 85 % du SMIC net. Le Gouvernement
à donc dû revenir sur sa proposition initiale de 75 % et cette disposition
contrecarre de fait une des conséquences de la réforme Balladur, qui programmait
un taux de remplacement à 70 % pour ces même retraites à l'horizon 2020.
En amenant le Gouvernement à accepter un calendrier qui, mécaniquement,
augmente de 3 % tous les 2 ans dés 2004 le minimum contributif, nous mettons
en place un processus pour arriver à terme aux 100 %. Qui pouvait croire
que nous arriverions en une seule étape ?
LA
REVALORISATION DES PENSIONS DORÉNAVANT NÉGOCIÉE
De plus, il est acquis que la revalorisation des pensions liquidées du
privé comme du public pourra être supérieure à la simple évolution de
l'indice des prix grâce à une négociation entre le gouvernement et les
partenaires sociaux, qui se voient ainsi reconnu la légitimité d'intervenir
sur le montant des retraites de base. C'est une avancée historique, grâce
à la CGC et à la CFDT le syndicalisme s'impose comme le seul interlocuteur
pour négocier la situation des retraités.

PARTIR
PLUS TÔT POUR LES LONGUES CARRIÈRES
Autre avancée importante portée par la CFDT, les longues carrières pourront
partir plus tôt. A partir de 56 ans pour ceux qui ont commencé à travailler
à 14 ans, à 59 an pour ceux qui ont commencé à 16 ans. Là encore, le Gouvernement
a dû céder aux revendications de la CFDT et élargir cette possibilité
à plus de 300 000 personnes, alors qu'il entendait la restreindre à moins
de 100 000 salariés. Cela représente des masses financières énormes qui,
lorsqu'elles seront publiques démontreront combien cet accord est ambitieux.
FONCTIONNAIRES
: DES PRIMES PRISES EN COMPTE
Pour les fonctionnaires, nous avons obtenu la prise en compte de primes
pour le calcul de la pension, grâce à l'instauration d'un régime complémentaire
obligatoire par répartition, et non plus facultatif comme il était prévu.
Ce qui permettra de réduire les inégalités entre les fonctionnaires, juste
contrepartie de l'effort qui leur est demandé pour aligner leur durée
de cotisation sur le privé. Pour prendre en compte 20 % du salaire indiciaire,
intégrer la prime des aides soignantes dans le salaire de base ouvrent
enfin les espaces pour une action syndicale plus efficace dans les fonctions
publiques.

DES
AMÉLIORATIONS ACTÉES
D'autres améliorations sont désormais actées. La décote par année manquante
pour les salariés du privé est divisée par 2, elle sera réduite à 5 %
au lieu des 10 % actuellement appliqués. Le régime du public sera progressivement
aligné sur cette mesure mais sur 20 ans. La décote sera annulée totalement
ou fortement pour les fonctionnaires qui partent à la retraites dans les
10 prochaines années. La pénibilité sera prise en compte, une négociation
entre les partenaires sociaux devant la définir. La décision est également
prise de supprimer progressivement la surcompensation, qui pénalise notamment
le régime des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers. D'autres dispositions
sont également intéressantes.
FINANCEMENT
: SORTIR DU DOGME
Enfin, en ce qui concerne le financement, nous avons pu faire reculer
le gouvernement sur une des positions qu'il présentait comme intangible.
Il ne voulait, en effet, utiliser que la seule durée de cotisation, rejetant
toute augmentation de cotisation au nom du sacro-saint non-accroissement
des prélèvements obligatoires. Il admet maintenant que la cotisation vieillesse
sera augmentée de 0,2 % au 1er janvier 2006, et surtout que les mécanismes
de financement utilisant tous les paramètres, seront réexaminés tous les
5 ans. Nous sortons donc du dogme pour entrer dans l'ère de la négociation.
La CFDT a posé un coin dans cette posture libérale idéologique. Avec ce
nouveau projet de loi, l'action de la CFDT et sa stratégie dans la négociation
ont payé. Les plus grandes menaces sont écartées et nous pouvons nous
enorgueillir d'avoir sauvegardé - et même conforté - pour au moins 20
ans, un des meilleurs systèmes de retraite qui existent au monde. Gardons
à l'esprit que d'autres échéances nous attendent, qui ne seront pas moins
difficiles. Nous savons que l'assurance maladie est à très court terme
un dossier au moins aussi explosif que le dossier retraite où là aussi
il faudra, dans le cadre d'une nouvelle réforme, trouver des financements
pour la Sécu.

POURQUOI
SOMMES-NOUS ALLEZ SI VITE POUR DÉCIDER ?
Il est légitime de se poser la question. Depuis plusieurs mois, nous participions
à la concertation dans le " groupe confédéral " sur les principes et objectifs.
Nous n'arrivions pas à négocier les mesures qui nous tenaient à cœur.
Grâce à l'action du 13 mai nous l'avons fait les 14 et 45 mai. C'était
la date limite. Dés le 16 mai commençaient les consultations réglementaires
sur le projet de loi et l'examen par le Conseil D'État. Le dossier retraites
nous échappant, il passait, il est passé maintenant dans le camp politique.
Nous ne voulions pas - et s'était un choix éminemment syndical - laisser
filer le dossier dans les mains des députés sans l'avoir verrouillé. Il
est regrettable que les autres grands syndicats aient démissionné de leurs
responsabilités, mais c'est ainsi. L'UMP, majoritaire à l'Assemblée Nationale,
s'est engagée publiquement à ne pas toucher à l'équilibre d'un accord
qui serait passé entre le Gouvernement et les syndicats. Mais les députés
libéraux n'ont pas dit leur dernier mot. Cet accord existe ; nous n'admettrons
pas qu'il soit en quoi que ce soit grignoté.
POURQUOI
LE BUREAU NATIONAL ?
L'appréciation du relevé de décision a été faite au sein de la CFDT par
l'organe statutaire qu'est le Bureau National, qui en a la responsabilité.
Le 15 mai de 18 h à 24 h, après un débat très approfondi, le Bureau National
a voté à l'unanimité moins un contre. Il a considéré que les avancée obtenues
étaient acceptables. C'est bien le Bureau National qui a pris cette décision.
Enfin, la CFDT n'a rien signé, il n'y a pas de protocole d'accord, mais
un relevé de décisions où le Gouvernement demandait à chacun de donner
son avis.

Quatre
orientation pour
" rééquilibrer le système "

Le
projet de loi présenté en Conseil des Ministres le 28 mai reprend les
dispositions élaborées lors de la négociation des 14 et 15 mai et approuvées
par le Bureau National de la CFDT. Soumis aux députés le10 juin, il sera
suivi, après son adoption au Parlement, d'une série de décrets d'application.
Tout n'est donc pas encore dit et la vigilance reste de rigueur.
Pour
que la France puisse préserver son modèle social au cœur du pacte républicain,
des réformes structurelles sont nécessaires. Parmi ces réformes trop longtemps
différées, celles de l'avenir du système de retraite tient une place essentielle.
Le principe de la répartition caractérise notre système. Ce principe relève
d'un choix de société fondé sur la solidarité entre les français et entre
les générations. Ce choix de société, le président de la République et
le gouvernement se sont engagés, par la réforme, à en assurer la permanence
(…).
Un tel allongement de l'espérance de vie, qui plus est en bonne santé,
est une excellente nouvelle. Cette évolution ne doit pas être considérée
comme un handicap mais comme un défi positif pour la France sous réserve
d'être anticipée et préparée (…) Mais il n'en demeure pas moins que cette
évolution démographique remet en cause, de manière directe, l'équilibre
de notre système de retraite.
Sans réforme, nos régimes connaîtraient un déficit de l'ordre de 43 milliards
d'euros à l'horizon 2020. Sans réforme, ce serait les cotisations qu'il
faudrait systématiquement et mécaniquement augmenter, menaçant ainsi de
mettre en péril la compétitivité de notre économie, c'est à dire l'emploi.
Sans réforme, ce seraient les retraites qu'il faudrait alors se résoudre
à diminuer dans des conditions drastiques et injustes au regard de l'équité
et de la solidarité entre les générations.
Au-delà du dialogue et de la définition de grands principes, le gouvernement
été soucieux d'aboutir à un terrain d'entente avec les partenaires sociaux
sur les mesures proposées lors des négociations des 14 et 15 mai derniers.
Cette phase de la négociation a abouti à un relevé de décisions approuvé
par cinq des huit organisations syndicales et patronales. Le gouvernement
a été ainsi conduit à modifier de manière sensible le texte du projet
de loi sans pour autant remettre en cause les principes fondamentaux qu'il
défendait (…).
Quatre orientations résument le projet de loi présenté par le gouvernement
:
- assurer un haut niveau de retraite par l'allongement de la durée d'activité
et de la durée d'assurance
- préserver l'équité et l'esprit de justice sociale de nos régimes de
retraite
- permettre à chacun de construire sa retraite en donnant davantage de
souplesse et de liberté de choix
- garantir le financement des retraites d'ici 2020.

Première orientation 
Assurer un haut niveau de retraite par l'allongement de la durée d'activité
et de la durée d'assurance
Un haut
niveau de retraite de l'ordre en moyenne des deux tiers du revenu d'activité
à l'horizon 2020 constitue la référence choisie par le gouvernement. Aucune
mesure du projet de loi ne tend à diminuer le montant des retraites dont
bénéficient les cotisants ayant effectué une carrière complète. La meilleure
et la plus juste garantie pour assurer un haut niveau de retraite sans
faire reporter sur les actifs de demain une charge démesurée, c'est l'allongement
de la durée d'assurance et de la durée d'activité.
Convergence
d'ici 2008 des durées de cotisation
Dans les régimes de la fonction publique, d'ici à 2008 le taux de liquidation
de 75% sera obtenu après 40 années de service. Par ailleurs, une condition
de durée d'assurance tous régimes, nécessaire pour bénéficier de l'intégralité
des droits sera instauré&e sur le modèle de celle existant pour le régime
général et les régimes alignés. Dans ka régime général et les régimes
alignés, le calcul de le prorotisation de la pension s'effectuera d'ici
2008 sur la base de 160 trimestres et non plus 150 trimestres (…).
Cette augmentation de la durée d'assurance ne présente de sens que si
la durée d'activité est également allongée. Le projet de loi vise ainsi
à initier, dans la durée, une action déterminée en faveur du travail des
salariés de plus de 55 ans.
- Il recentre les préretraites autour de deux dispositifs : un dispositif
de " pénibilité " autour des cessations anticipée d'activité des travailleurs
salariés (CATS) et un dispositif " plan sociaux " qui est aujourd'hui
nécessaire ; en conséquence, les préretraites progressives et le volet
des CATS non lié à la pénibilité sont supprimés.
- Il crée une " surcote " de 3% par année effectuée au-delà de 60 ans
et de la durée d'assurance requise pour liquider au taux plein.
-Il reporte à 65 ans, par voie de conséquence, la possibilité de mise
à la retraite d'office à l'initiative de l'employeur.
- Il refonde le dispositif de retraite progressive en l'ouvrant aux personnes
ne justifiant pas du taux plein.
- Il assouplit et harmonise les règles du cumul emploi retraite.

Stabilisation
du ratio temps de travail/temps de retraite
Le projet de
loi tend en outre à affirmer une règle pérenne, le maintien d'ici 2020
de la stabilité du rapport atteint en 2003 entre la durée d'assurance
et l'espérance de vie à la retraite. Cette stabilité conduit à envisager,
compte tenu des perspectives démographiques actuelles, une durée d'assurance
de 41 ans en 2012 et 41 ans ¾ en 2020. Ces ajustements seront réalisés
à échéance régulière après avis d'une commission indépendante en prenant
en compte les données démographiques, économiques et sociales.
Deuxième orientation 
Préserver l'équité et l'esprit de justice sociale de nos régimes de retraite
Le projet
de réforme tend ainsi à " retrouver l'esprit de 1945 " en donnant des
garanties aux salariés les plus modestes, en supprimant les inégalités
Pesant sur les pluripensionnés et les non-salariés, en prenant en compte
les très longues durées de carrière, en incitant les partenaires sociaux
à négocier sur la pénibilité, en assurant aux retraités un égal traitement
quant à l'évolution de leur pension, en améliorant la condition la condition
es conjoints survivants, en maintenant et en modernisant les avantages
familiaux de retraite et en prenant mieux en compte l'ensemble de la rémunération
des fonctionnaires dans le calcul de la pension. Les salariés les plus
modestes bénéficieront d'une garantie supplémentaire à travers un objectif
de pension comprenant les régimes de base et les régimes complémentaires,
égale en 2008 à 85 % du SMIC net lors de la liquidation après une carrière
complète. Afin d'atteindre cet objectif, le minimum contributif sera revalorisé
et réformé afin de mieux prendre en compte les durées réellement cotisées.
Lors de la négociation avec les partenaires sociaux, le gouvernement a
pris l'engagement d'une triple augmentation de 3% d'ici 2008.
Enfin, les salaires annuels de très faible montant qui ne valident pas
de trimestres au regard de la durée d'assurance seront exclus du calcul
du salaire annuel moyen (…).

Prendre
en compte les très longues durées de carrière
Pour répondre à une incontestable demande sociale justifiée par des raisons
d'équité, le projet de loi prévoit d'ouvrir le droit à la retraite à partir
de l'âge de 56 ans aux salariés et aux non salariés ayant commencé à travailler
avant l'âge de 17 ans sous la double condition d'une durée d'assurance
et d'une durée effectivement cotisée. Cette mesure montera progressivement
en charge. Son efficacité est subordonnée à un accord des régimes complémentaires
afin d'éviter tout risque d'abattement sur la pension de ces régimes.
Inciter
les partenaires sociaux à négocier sur la pénibilité
Les partenaires sociaux seront incités à négocier sur la pénibilité du
travail, à la fois pour définir les métiers pénibles justifiant d'une
cessation anticipée et pour s'efforcer de réduire la pénibilité.
L'évolution
des pensions
Tous les retraités doivent pouvoir bénéficier d'une garantie sur le pouvoir
d'achat de leurs pensions. L'indexation sur les prix et la réunion, tous
les trois ans, d'une conférence associant le gouvernement et les partenaires
sociaux, permettront d'assurer cette garantie.
Améliorer
la situation des conjoints survivants
Le projet de
loi permet d'améliorer de manière significative la situation des conjoints
survivants
- dans les régimes de la fonction publique, les pensions de réversion
des hommes seront alignées sur celles des femmes.
- dans le régimes général et les régimes alignés, la pension de réversion
sera désormais attribuée sans condition d'âge.
- dans ces mêmes régimes, le système de la réversion sera considérablement
simplifié dans le sens d'une plus grande équité et d'une meilleure lisibilité.

Maintenir
et moderniser les avantages familiaux
Le projet de loi maintient l'ensemble des avantages familiaux de retraite.
Afin de tenir compte du droit communautaire et des évolutions de la société,
les bonifications de durée d'assurance des régimes de la fonction publique
- pour les enfants à naître après janvier 2004 - seront accordées aux
hommes comme aux femmes, sous conditions d'une cessation ou d'une réduction
effective d'activité. Leur durée sera allongée jusqu'à un maximum de 3
années par enfant.
Prise
en compte des éléments de rémunération des fonctionnaires Le projet
de loi, en prévoyant la création d'un régime additionnel de retraite pour
les fonctionnaires, permettra de mieux prendre en compte leurs éléments
de rémunération exclus du calcul de leur retraite. Ce régime sera obligatoire
et géré de manière paritaire.
Troisième orientation 
Permettre à chacun de construire sa retraite en donnant davantage de souplesse
et de liberté choix
Le projet
de loi tend à donner aux futurs retraités davantage de liberté et de souplesse
afin qu'ils puissent eux-mêmes construire en toute connaissance de cause
leur propre retraite.
A cet effet, le coefficient d'anticipation qui s'applique aux assurés
du régime général et des régimes alignés qui souhaitent partir avant d'avoir
atteint la durée d'assurance nécessaire sera diminué à partir de 2004
pour passer de 10 à 5% par année manquante. Parallèlement, un tel coefficient
sera instauré en 2006 et montera progressivement en charge dans les régimes
de la fonction publique afin d'atteindre ce taux de 5% en 2015. Un mécanisme
d'âge " pivot ", annulant ce coefficient quelle que soit la durée d'assurance,
permettra d'assurer une très grande progressivité de 2006 à 2020. Le projet
de loi ouvre également la possibilité d de racheter jusqu'à 12 trimestres
correspondant notamment à des années d'étude.
En relançant le dispositif de retraite progressive et en assouplissant
les règles du cumul emploi retraite , il tend à éviter cette rupture trop
brutale qui existe aujourd'hui entre le travail et la retraite. Pour exercer
leurs choix, pour prendre des décisions qui influeront sur leur montant
de retraite, les cotisants doivent être mieux informés, de manière régulière,
sur les évolutions générales des régimes de retraite. C'est pour cette
raison que le projet de loi conforte l'existence du Conseil d'Orientation
des retraite, en précisant ses missions et en lui confiant un rôle général
de " veille " sur l'ensemble du système de retraite. L'information des
cotisants doit également porter sur leurs perspectives personnelles de
droit à pension. A cette fin, le projet de loi crée un groupement d'intérêt
public, regroupant l'ensemble des régimes de retraite.
Enfin, il permet de réorienter l'effort d'épargne en donnant à chacun
la possibilité de bénéficier d'un dispositif individuel d'épargne retraite
à travers une incitation fiscale. Les assurés pourront ainsi choisir,
s'ils le souhaitent, d'ajouter le service d'une rente viagère à leur pension
issue du régime de retraite par répartition.
L'épargne
salariale peut également être un moyen de disposer d'un complément de
revenu au moment de la retraite. C'est pour cette raison que le projet
de loi transforme le " plan partenarial d'épargne salariale volontaire
créé par la loi du 19 février 2001.

Quatrième orientation
Garantir le financement des retraites d'ici 2020
Les
mesures de rééquilibrage proposées permettent d'assurer le financement
de près de la moitié des déficits prévus pour 2020. Les mesures de justice
sociale et d'équité présentent cependant un coût évalué à près de 3 milliards
d'euros à la même date. Le solde net de la réforme est ainsi évalué à
18 milliards d'euros, ce qui représente plus de la moitié des besoins
de financement
. Cette réforme est équilibrée : l'augmentation des cotisations vieillesse
dans le régime général et l'effort accru des employeurs publics, en ce
qui concerne les régimes de la fonction publique, permettront d'équilibrer
notre système de retraite en 2020. Une augmentation de 0,2 point est d'ores
et déjà prévue en 2006. Le financement des retraites est ainsi garanti
d'ici 2020.
L'équilibre du régime général visé par le projet de loi repose sur le
redéploiement du financement bénéficiant aujourd'hui à d'autres branches
de la protection sociale. La hausse nécessaire des cotisations d'assurance
vieillesse devrait pouvoir être effectuée à taux de prélèvements obligatoires
inchangés en l'équilibrant par une baisse d'ici 2020 des cotisations chômage
conforme à l'évolution de la situation de l'emploi décrite dans le scénario
central du Conseil d'Orientation des retraites (…).

Comparatif
des régimes de retraite
|
REGIME
GENERAL
|
FONCTION
PUBLIQUE
|
|
AVANT
|
APRES
|
AVANT
|
APRES
|
| Durée |
160
trimestres |
160
trimestres |
150
trimestres |
160
trimestres en 2008 |
| Période
de référence |
Passage
progressif de 10 à 25 meilleures années (actuellement
20 meilleures années) |
25
meilleures années en 2008 |
6
derniers mois de traitement |
6
dernier mois de traitement |
| Revalorisation |
Loi
de fiancelent |
Indice
des prix et négociation tous les trois ans pour une revalorisation
plus importante |
Evolution
du point et mesures catogoricielles |
Indice
des prix et négociation tous les 3 ans pour une revalorisation
plus importante |
| Principales
bonifications |
Pour
les femmes, majoration de 2 ans par enfant. Majoration pour conjoint
à charge |
Sans
changement |
1
année par enfant pour les femmes |
Pour
les hommes et les femmes avant 2004 : 1 an par enfant. Après
2004, validation des périodes d'interuption ou de réduction
effective d'activité consacrées à l'éducation
et aux soins d'1 enfant, dans la limite de 3 ans par enfant. |
| Surcote
|
Majoration
de durée d'assurance au-delà de 65 ans |
0,75
% par trimestre supplémentaire au-delà de 160 trimestres
: 3 % par an. Suppression de la majoration de durée d'assurance
au-delà de 65 ans. |
|
0,75
% par trimestre supplémenaire au-delà de 60 ans avec
un maximum de 20 trimestres. |
| Décote |
Prorotisation
de la pension en fonction du nombre de trimestres cotisés dans
le régime, dés lors que 150 trimestres ne sont pas atteints.
Application d'u coefficient d'anticipation sur le taux de liquidation
(1,25 % par trimestre manquant ou réduction de la pension de
10 % par année manquante. |
Le
taux de décote de 10 % sera ramené à 5 %. Mesure
mise en oeuvre à partir de 2004. Prorotisation de la pension
en fonction du nombre de trimestres cotisés dans le régimes,
dés lors que les 160 trimestres ne sont pas atteints |
|
La
décote prévue sera instituée au 1er janvier 2006
et sera progressivement portée à 5 % par an. Son plafonnement
est aménagé jusqu'en 2020. |
| Rachat |
Faculté
limitée |
Les
possibilités de rachat des années d'assurance, et, le
cas échéant, d'annuités ou de trimestres liquidables,
seront ouvertes, à compter de 2004, sans limite d'âge,
avec étalement des paiements aux choix des intéressés,
dans la limite de 30 ans et à un rix correspondant au coût
actuarielle neutre. |
Faculté
non ouverte |
Même
possibilités que dans le régime général
mais avec des conditions plus restrictives pour les diplômes. |
| Miminum |
Retraite
minimum sans distinction entre périodes cotisées ou
non. |
Prise
en compte de la durée de cotisation dans l'ensemble des régimes.
Pension minimale à 85 % du SMIC en 2008 |
Années
liquidables limitées à 25 ans .
Base : indice
majoré 173.
|
Les
agents bénéficieront de référence actuel
(indice 216) dés 30 ans de service actif au lieu de 35 ans. |
| Cumul |
Principe
générale d'interdiction dés lors que la pension
est liquidée. |
Idem
mais assouplissement des conditions de retraites progressive. |
Posible
à certaines conditions et pour des périodes successives. |
Cumul
possible avec emploi dans le secteur privé ou public pour une
même période ou pour des périodes successives. |
| Reversion |
54
% sous conditions de ressources, d'âge, de situation matrimoniale |
Suppression
de la condition d'âge et de situation matrimoniale |
50
% sans conditions de ressources pour les veuves. |
50
% sans conditions de ressources por les veuves et les veufs. |
|
N.B.:
ces dispositions sont encore succeptibles de modifications en fonction
de l'examen parlementaire.
|


RETRAITE
- FOIRE AUX QUESTIONS
Ou
peut-on consulter les travaux du Conseil d'orientation des retraites ?
http://www.cor-retraites.fr/
Le
projet de loi indique que la décote pour les fonctionnaires se calcule
par rapport à la limite d'âge. Que se passe-t-il pour un professeur des
écoles dont la limite d'âge est de 65 ans mais qui a été instituteur plus
de 15 ans et peut donc partir en retraite à 55 ans ? Même question pour
un agent professionnel de La Poste qui a été 15 ans en service actif.
La CFDT
a posé cette question lors de l'examen du projet de loi par le Conseil
supérieur de la fonction publique de l'Etat et demandé que les agents
concernés se voient appliquer la limite d'âge de 60 ans. Le ministre de
la fonction publique nous a répondu que c'était bien ce qui était prévu
et qu'un amendement serait déposé par le gouvernement si il s'avérait
nécessaire de clarifier le texte de loi sur ce point. La décote éventuelle
sera donc bien calculée sur la base d'une limite d'âge de 60 ans dans
les cas concernés (voir réponse à la question sur la montée en charge
de la décote).
Le
projet de loi ne prévoit rien sur la prise en compte de la pénibilité.
Pourtant vous dites dans vos tracts que vous l'avez fait prendre en compte
lors des négociations avec le gouvernement…
Le relevé
de décisions de la négociation du 15 mai prévoit que " les partenaires
sociaux seront incités par la loi à conclure d'ici trois ans une négociation
sur la définition et la prise en compte de la pénibilité ; dans la fonction
publique, le Gouvernement engagera un réexamen de la situation des emplois
correspondant à des métiers pénibles. " En approuvant le relevé de décisions,
les organisations patronales (MEDEF, CGPME, UPA) ont donné leur accord
à l'engagement de telles négociations. Cette décision a été reprise dans
l'exposé des motifs de la loi qui indique que " les partenaires sociaux
seront incités à négocier sur la pénibilité du travail, à la fois pour
définir les métiers pénibles justifiant d'une cessation anticipée et pour
s'efforcer de réduire la pénibilité. " La CFDT considère néanmoins que
la loi elle-même devrait inciter à ces négociations et prévoir un rendez-vous
permettant d'en faire le bilan. Elle est intervenue auprès du gouvernement
et des parlementaires pour que la loi précise qu'après trois ans, le gouvernement
élaborera un rapport sur les résultats de la négociation interprofessionnelle
engagée entre les organisations professionnelles et syndicales représentatives,
au niveau national, sur la définition et la prise en compte de la pénibilité
ainsi que sur les mesures législatives et réglementaires prises au vu
de ces résultats. Un amendement adopté par la commission des affaires
sociales reprend cette proposition.
Pour la fonction publique, suite à un courrier de François Chérèque, secrétaire
général de la CFDT, le ministre de la fonction publique nous a donné l'assurance
que les travaux seraient engagés dès le mois de juin.
Vous
dites que la décote sera réduite de 10 à 5% dans la privé. Mais dans le
" Guide de vos droits " édité par la CFDT, vous dites qu'actuellement
le taux de 50% est réduit de 1,25% par trimestre manquant ce qui fait
5% par an et pas 10% comme vous le dites. Où est donc la réduction de
la décote ?
Nous aurions
du écrire " 1,25 points " dans le " Guide de vos droits ". En clair, le
taux plein de la retraite de base du régime général est de 50% du salaire
de référence. Aujourd'hui un an de décote conduit à le baisser de 10%
soit 5 points (50 x 10% = 5). Le taux minoré est donc de 45% du salaire
de référence.
Après la réforme (réduction progressive de 2004 à 2008) un an de décote
conduira à le baisser de 5% soit 2,5 points (50 x 5% = 2,5). Le taux minoré
par un an de décote sera donc de 47,5% du salaire de référence au lieu
de 45% aujourd'hui.

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